La Vraie Vie - Adeline Dieudonné







En deux mots

Dans un quartier morne aux maisons identiques, une famille sans histoire cohabite sous tension.

Le père, un homme colérique et violent, ne vit que pour la chasse au gros gibier dont il accumule les trophées dans l’une des quatre chambres de leur demeure. La mère, créature effacée et neurasthénique évolue dans l’angoisse permanente des sautes d’humeur de son époux. A leurs côtés, la jeune narratrice et son petit frère Gilles mènent l’existence indépendante et romanesque d’enfants laissés à leurs jeux par cette paire de parents indifférents.

Un jour, alors que les deux gamins commandent leur crème glacée quotidienne au marchand ambulant, ils sont les témoins d’un terrible accident ; l’épisode marque Gilles de stigmates psychologiques qui semblent irrémédiables et réveillent en lui une perversité qui n’aura de cesse de s’exercer sur les êtres vivants qui l’entourent. Son aînée se lance alors à corps perdu dans une quête pour ramener le garçon à l’innocence et à la douceur de l’enfance. Cette course contre la montre – avant que Gilles ne commette l’irréparable – occupe désormais toutes les pensées de la fillette et dirige l’ensemble de ses actions.

Persuadée que le salut de Gilles se trouve dans les mystères irrésolus de la physique, l’héroïne se plonge dans l’étude de cette matière complexe afin d’élaborer une machine à remonter le temps et d’ainsi changer le cours des événements qui ont bouleversé leur vie.

Toutefois, c’est sans compter sur les forces obscures tapies dans l’ombre de la maison… prêtes à se battre pied à pied contre le projet fou et chevaleresque dont notre apprentie sorcière s’est fait le fer de lance

Et sinon, c’est bien ?

La Vraie Vie est le premier roman d’Adeline Dieudonné, jeune écrivain belge, et caracole en tête des gros succès littéraires de cette fin 2018. Récompensé par pas moins de cinq prix, la critique paraît saluer unanimement ce nouvel acteur de la scène littéraire francophone.

Aïe

Au risque de jouer très modestement les trouble-fêtes et pour être absolument honnête, cet engouement m’a laissée tout à fait perplexe. Sous couvert d’une étiquette de conte contemporain, La vraie vie recense une quantité de grossièretés, de raccourcis, de mauvais suspense et d’hasardeuse science-fiction telle que je le rangerais sans hésitation parmi les lectures les plus insipides de mon année 2018.


Nuances et tralalas

Le premier de mes griefs se porte sur l’élaboration assez sommaire des différents protagonistes qui parcourent l’histoire. Ceux-ci sont dégrossis lourdement et stéréotypés à souhait. Ainsi, le lecteur ne pourra manquer de sourire au portrait de ce père agressif et alcoolique qui maltraite sa famille avec sadisme mais sanglotte en cachette sur le célèbre titre « Le téléphone pleure » de Claude François... Il s’agit là à mon sens d’une manière assez élémentaire de suggérer une fêlure chez un individu brutal.

Quant à la mère, de caractère, elle n’en a point. Ceci facilite donc cela, inutile pour l’auteur de s’étendre plus en avant sur les nuances de la transparence.

Je vous éviterai tout commentaire sur le reste de la galerie des personnages du récit : en matière de subtilité de caractère, nous repasserons.

Une quête heu … inepte

Venons-en maintenant à l’intrigue elle-même ; le cheval de bataille de la jeune-fille m’a semblé rapidement devenir absurde voire complètement inepte. Si l’enfance peut expliquer la croyance tenace dans la capacité à revenir en arrière et à changer le passé, l’entrée de l’héroïne dans l’adolescence, l’urgence du combat contre les forces du mal qui est le sien et le fait de se frotter concrètement aux réalités scientifiques de l’étude de l’espace-temps ont fini de me persuader que l’auteur prenait son lecteur pour un niais.


Bref, passez-votre chemin …

J’ajouterais que le style d’A. Dieudonné n’a rien d'exceptionnel et ne rattrape certainement pas la sauce de cette ratatouille fantaisy de deuxième division. Le lecteur ne pourra donc se consoler de cette déception littéraire au contact d’une prose qualitative.

Il m’arrive rarement de ne trouver aucun aspect digne d’intérêt dans les romans qui passent entre mes doigts, je regrette néanmoins ici de ne pouvoir apporter une touche positive qui viendrait éclairer la critique désastreuse que je viens de faire de « La Vraie Vie ».

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