7 – Tristan Garcia



J'ai bien aimé


Lecture facile

Science fiction

Lecture qui peut être facilement interrompue

En deux mots


1 : HLCN – « Nous trouvons de tout dans notre mémoire. Elle est une espèce de pharmacie, de laboratoire de chimie, où on met au hasard la main tantôt sur une drogue calmante, tantôt sur un poison dangereux »

Marcel Proust


2 : ROCK – « De toute façon, plus rien n’est vraiment original dans le rock. Tout a déjà été fait. Demandez à Keith Richards, il vous le dira. Tout se fait autour de trente accords. Et il faut se débrouiller pour faire du neuf avec du vieux. »

Noel Gallagher


3 : VISAGE – « Pourquoi certains n’auraient pas tout ? il y en a qui n’ont rien. Ca fait l’équilibre »

Michel Audiard


4 : REVOLUTION – « La révolution littéraire et la révolution politique ont fait en moi une jonction »

Victor Hugo


5 : EXTRATERRESTRES – « Toute secte en quelque genre que ce puisse être est le ralliement du doute et de l’erreur »

Voltaire


6 : PRINCIPE – « Le principe de finalité n’est pas constitutif mais régulateur »

Emmanuel Kant


7 : REALISATION  - « J’espère que tu es fière de ta vie. Et si tu découvres que ce n’est pas le cas, j’espère que tu auras le courage de tout recommencer »

Benjamin Button




Et Sinon, c’est bien ?


Sept énigmes pour sept nouvelles ; des mondes enchâssés les uns dans les autres ; des couloirs qui les traversent jusqu’à la résolution finale. Allilalu ne vous en dira pas plus sur l’histoire contée au risque de bouleverser le fragile équilibre de ce roman-ovni.



Un chiffre comme un talisman


7 comme les sept nains, les sept jours de la création, les sept merveilles du monde, les sept péchés capitaux. Porte-bonheur, symbole de perfection et de plénitude, mysticisme commun aux grandes religions, en choisissant ce chiffre magique pour titre de son roman, Tristan Garcia révèle la volonté de l’inscrire sous des auspices ambitieux.



Un conseil d’un ami qui vous veut du bien


Récompensé par le prix du livre Inter en 2016, ce septième opus de Tristan Garcia m’a été prêté par un ami aux goûts littéraires sûrs. Lorsque je l’ai commencé, j’ai donc été un peu déroutée par la manière du roman : celui-ci avait du mal à trouver un rythme, les descriptions étaient hachées et manquaient de fluidité, on sentait l’effort d’écriture sous le récit. Malgré ce début difficile, j’ai décidé de persévérer dans cette lecture ; l’identité de celui qui s’en était porté garant auréolait « 7 » d’un halo mystérieux. Qu’avait-il donc pu bien lui trouver ?




Folie construite


Très vite, j’ai compris. 7 n’a pas pour vocation de faire se pâmer les lecteurs par un style littéraire délicat, non. 7 joue toutes ses cartes à la fois sur l’extraordinaire capacité d’imagination de son créateur et sur une construction complexe et savante de l’intrigue. Faisant fi de toute limite rationnelle dans l’élaboration de son histoire, T. Garcia explose littéralement les possibilités narratives du récit et construit avec une facilité déconcertante des mondes surnaturels qui s’emboîtent les uns dans les autres. Une série de thèmes y reviennent de façon lancinante : la question de l’identité – qui suis-je, où vais-je, ces questions trouveront-elles jamais leur résolution à travers l’étrange opacité du monde ? – celle du temps, éclaté entre ses dimensions multiples et les univers parallèles qu’elles engendrent, la porosité entre la réalité et la fiction font partie des thématiques constitutives de chacune des nouvelles.




Donc, on croque ?


7 se dévore à la manière d’un hamburger post gueule de bois. On y entre et on n’en sort plus avant de l’avoir refermé, perplexe d’être parvenu à la fin de façon si rapide après un commencement assez laborieux. Je conseille donc cette petite brique de 700 pages (hé oui !) aux futurs vacanciers qui souhaitent savourer une histoire palpitante durant les mois d’été qui arrivent. Et après l’avoir lu, revenez jeter un œil aux énigmes du résumé d’Allilalu, elles s’éclaireront d’une lumière nouvelle.

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