Alli et Odilon

              1999, j’ai 12 ans et suis abonnée à l’Ecole des loisirs, une maison d’édition spécialisée dans la jeunesse.

Le livre qui parvient dans ma boite aux lettres en mars de cette année-là s’intitule « Le ring de la mort ». Je m’y plonge avec la joie frivole de l’histoire nouvelle, le conte du mois livré sur un plateau par la Poste. Il narre la lutte éperdue et violente de Moshé, un boxeur polonais emprisonné à Auschwitz. Par la sauvagerie de son sujet, il sonne le glas de mes lectures d’enfance. Je sors du « Ring de la mort » bouleversée et avec la certitude indicible qu’un livre n’est pas qu’un objet de plaisir destiné à procurer l’excitation passagère de l’histoire racontée: c’est une arme qui peut vous extraire brutalement de votre monde.

                                           

        

Le dessin constitue une autre de mes plus anciennes activités ; j’ai suivi une quinzaine d’années de cours à l’Académie des arts en dessin puis en gravure.

En 2018, j'éprouve un nouveau choc - graphique cette fois-ci - à la visite du Musée Tomi Ungerer à Strasbourg. Je suis initiée avec émerveillement aux possibilités infinies de l'illustration. Je plonge dans ce nouveau monde avec la férocité de celle qui a trouvé sa voie et je m'inscris à l'Académie des Arts en illustration sous la tutelle de Gilles Demoortel. Depuis la révélation Ungerer, les projets personnels et les collaborations se succèdent. Je m'amuse follement.

Odilon Moon, mon chat roux, soyeux et sensible comme un poète maudit est né en 2014 d'une mère aristocrate et d'un père inconnu. Odilon est rentier mais discret sur sa vie privée et sa fortune. On ne lui connaît pas d'occupation philanthropique ou associative. Néanmoins, depuis 2017, cette beauté sauvage et féline accepte de prêter son image aux aventures graphiques et littéraires de sa maîtresse.

Odilon ne donne pas d'interview mais accepte les lettres d'amour.

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